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lundi 9 mai 2011

Le plan de cession Cosumar

(i) Des prétendants des quatre coins du monde (ii)… et de différents secteurs (iii) Bouclage de l’opération au plus tard en automne.

 A l’instar de Lesieur Cristal, les négociations sur la vente de Cosumar sont en bonne voie. «En tout état de cause, notre objectif est de boucler les deux cessions à l’automne de façon à pouvoir réaliser au moins l’une des deux opérations sur le marché avant la fin de l’année», confie, d’emblée, à L’Economiste, Karim Chbani, investment manager de SNI. Ce qui promet pour les plus sceptiques, un peu de papier frais sur un marché qui en a bien besoin.

La réduction de la participation de SNI dans Cosumar se fera, comme prévu, au moment de l’annonce de la fusion, en deux temps. D’abord, une cession de participation significative à un partenaire stratégique, un nouvel actionnaire de référence qui sera en mesure de gérer l’aspect opérationnel de la société. Ensuite, une augmentation du flottant en Bourse de Cosumar, via une offre publique de vente. «Nous avons lancé la première phase de recherche de partenaire stratégique via un processus compétitif et ouvert à des acteurs marocains et internationaux», souligne Chbani. De nombreuses sociétés ont, d’ailleurs, déjà manifesté leur intérêt pour la prise de contrôle du sucrier. «Des acteurs locaux, africains, européens, asiatiques et américains», indique notre source. Autant dire que Cosumar attise les convoitises. «Il s’agit d’un univers large composé notamment d’acteurs industriels, de professionnels du négoce, de coopératives agricoles et d’investisseurs financiers», soutient le manager.

L’opération stratégique s’étalera sur quelques mois. Suite à cette dernière, la cession de Cosumar en Bourse passera probablement par une augmentation de capital du sucrier compte tenu de ses nombreux projets de développement.
Comme nous l’annoncions, précédemment, dans ces colonnes, SNI qui détient aujourd’hui plus de 63% des actions de Cosumar envisage de garder une part non négligeable même s’il compte se délester de 25 à 40% de sa présence dans la société. Histoire de garder son droit de vote.

La première phase de recherche des partenaires stratégiques déjà lancée
Concernant le timing, SNI veut respecter «la logique des processus de cession compétitifs et ouverts». Ceux-ci prennent généralement plusieurs mois et comprennent plusieurs phases: une étape de préparation suivie de la réception d’offres indicatives et des due diligence préalablement à la remise des offres définitives et de la sélection du partenaire stratégique. «Aujourd’hui pour Cosumar, nous en sommes à la phase de préparation».

Pour ce qui est du montage financier même si aucun chiffre n’est avancé, «les candidats sont appelés à faire part de leurs propositions sur les structures potentielles» selon un cadre fixé par SNI. D’une part, «l’apport d’une expertise métier et d’un projet de développement créateur de valeur ajouté pour Cosumar et son environnement». De l’autre, une ouverture sur le marché boursier.

Pour le cas Lesieur-Cristal, «l’opération avance conformément à notre calendrier», soutient Chbani, qui confirme qu’elle se déroule, à l’instar de celle de Cosumar en deux temps. SNI est à la veille de la phase de due diligence pour Lesieur. «Nous sommes en train de recevoir les offres que nous examinons en vue de sélectionner les candidats qui pourraient être invités à prendre part à la phase de due diligence», conclut Chbani. En attendant, le groupe a d’ores et déjà mandaté les banques d’affaires Lazard et Crédit Suisse pour ces opérations.

vendredi 6 mai 2011

Le sucre fond après le surplus de production


Sur les marchés agricoles, les fondamentaux commencent progressivement à s’inverser. Les cours du sucre ont reflué, aidés par la reprise des exportations indiennes.
Les cours du sucre ont nettement baissé cette semaine après avoir marqué des sommets historiques de 852 dollars la tonne et de 35,68 cents la livre, le 2 février 2010 en raison des intempéries qui avaient endommagé les récoltes au Brésil, en Chine et en Australie, ainsi que par des restrictions à l’exportation en Inde pour éviter une pénurie de sucre et approvisionner en priorité son marché intérieur. Ainsi les cours sont descendus jeudi 5 mai jusqu’à 588 dollars la tonne à Londres, et à 21,21 cents la livre à New York, leurs plus bas niveaux depuis début septembre 2010. Soit une dépréciation de 30% sur le marché londonien et de 40% sur le marché new yorkais depuis les plus hauts de février dernier. Les cours se sont repliés sous la perspective d’une offre robuste. En effet, «L’Inde semble se préparer à augmenter ses exportations», ont noté les analystes de Commerzbank. De plus, en Thaïlande, le deuxième exportateur mondial, «la production de sucre devrait atteindre 9,5 millions de tonnes cette année, dont 6,7 millions de tonnes destinées à l’export, ce qui représente une hausse de 40% des exportations», a estimé Commerzbank. Enfin, la production du Brésil, le premier producteur et exportateur mondial, devrait également être robuste. Cette dégringolade des cours aura-t-elle un impact sur les importations du Maroc. Soulagera-t-elle quelque peu la caisse de compensation ?
« La production de sucre devrait atteindre 9,5 millions de tonnes cette année, dont 6,7 millions de tonnes destinées à l’export. »
Impact sur les importations
La réponse est oui, vu que les prix ont baissé, les importations de sucre reviendront moins chères ce qui profitera à la caisse de compensation. Notons qu’à fin mars 2011, la facture marocaine avait augmenté de 63,8% à 1345,5 millions de dirhams contre 821,6 millions de dirhams sur la même période l’année précédente, tirées par un rebond de 8,4% du volume importé à 247,7 Mt et de 51% du prix moyen (à 5 431 dirhams/tonne). Ces commandes ont-t-elles été faites sur la base de spéculation de cours en hausse ou en baisse? Il aurait été plus judicieux d’attendre la baisse des prix pour accentuer les importations. En réalité, le Maroc peine à négocier les prix des commodities. Il est donc devenu une nécessité pour le pays de former de vrais traders. Car étant instables et conditionnés par divers éléments dont les conditions météorologiques et la spéculation, les marchés boursiers peuvent à tout moment décoller, comme ils peuvent chuter d’un seul coup.
L’affaiblissement du dollar profitera au pays
L’affaiblissement de la monnaie américaine, suite au colossal endettement public de la Nation à la politique monétaire de la Fed, rend l’achat des matières premières, plus particulièrement le sucre, libellé en dollars plus attractif pour les investisseurs munis d’autres devises notamment le Maroc. En effet, il ta lieu de noter que le dirham a enregistré, jeudi, une appréciation mensuelle de 4,2% face au dollar. Ainsi 1 dollar valait 7,603 dirhams, un niveau non atteint depuis janvier 2010. Un autre élément à venir qui risque de faire plonger davantage le dollar et alimenter la hausse de la parité dirham/dollars, le relèvement prévu en juin des taux directeurs de la Banque centrale européenne. En effet le dirham se verra s’apprécier davantage face au dollar ce qui se traduira à la baisse sur les coûts des importations de sucre et des matières premières en générale qui seront réalisées au delà du mois de juin

jeudi 21 avril 2011

Alerte : SNI mandate Credit suisse pour Cosumar

Nous venons d’apprendre que SNI a mandaté la banque d’affaires Crédit Suisse, pour la vente de sa filiale spécialisée dans le sucre Cosumar, 2ème sur la liste des sociétés à céder après Lesieur. Rappelons que la SNI avait annoncé, en mars 2010, son repositionnement en fonds d’investissement, abandonnant ainsi le contrôle opérationnel de ses filiales, d'abord les plus matures (celles de l'agroalimentaire), puis, a terme, celles de la grande distribution, télécoms et mines.

mercredi 6 avril 2011

Cosumar : Les indicateurs au vert

En dépit d'un contexte difficile (inondations, flambée des cours, crise financière), la sucrière a pu tirer son épingle du jeu.
Le projet d'extension et de modernisation de la raffinerie a contribué pleinement aux résultats. 
Cosumar a augmenté son résultat net part du groupe de 4,2% par rapport à 2009.
Cosumar a terminé l'exercice 2010 sous de bons auspices, et ce malgré une conjoncture extrêmement difficile. A l'occasion de la publication de ses résultats au terme de l'année 2010, M. Fikrat, PDG du groupe, a tenu à rappeler les faits ayant marqué l'année écoulée. 2010 s'est caractérisée par une flambée des cours du sucre brut sur le marché mondial, soit une hausse de 23%. «Grâce à une bonne couverture de change, nous n'avons pas été très impactés par cette hausse», explique M. Fikrat. Cette flambée n'est en fait que la résultante d'une baisse de la production au Brésil, ajoutée aux effets de la crise financière.
Sur le plan local, le contexte est marqué par une croissance du marché national de 2,1% et une hausse du prix du fuel à partir de juillet 2010.
Aussi, il est à rappeler que l'activité du groupe a été marquée par le rachat au premier semestre des reliquats de participation de l'Etat dans les sucreries, ainsi que par un nombre important de projets de développement à l'échelle nationale, notamment la création de la société Cosumagri pour l'exploitation des terrains agricoles, filiale 100% de Surac. Cosumar a aussi poursuivi la mécanisation de l'arrachage de la betterave sucrière dans tous les périmètres. La sucrière a également généralisé la monogerme à Tadla. L'activité a été par ailleurs marquée par d'importantes précipitations permettant une amélioration significative des réserves en eau d'irrigation dans les barrages. Ceci se traduit par une meilleure visibilité pour les prochaines campagnes agricoles. Mais cela n'empêche qu'elles ont provoqué des pertes importantes sur les superficies programmées et une dégradation du rendement moyen à l'hectare.
Les comptes consolidés du groupe font ressortir une hausse du chiffre d'affaires de 2% à 5,8 Mds DH. Cette hausse reflète la croissance en volume des ventes de sucre de 2,1%. Sous l'effet de l'évolution du chiffre d'affaires, l'excédent brut d'exploitation s'apprécie de 1,9% et ressort à 1,16 Md de DH. La production du sucre blanc du groupe est en augmentation de 1,3% par rapport à 2009. D'après M. Fkrat, le raffinage à Casablanca a compensé l'incidence des inondations exceptionnelles pour la deuxième année consécutive dans le Gharb et le Loukkos. Le résultat net part du groupe ressort à 577,5 MDH, soit une hausse de 4,2% par rapport à 2009.
En ce qui concerne les comptes sociaux, on remarque que le chiffre d'affaires s'est établi à 4,5 Mds de DH, en hausse de 6,4% par rapport à 2009. L'excédent brut d'exploitation a affiché une hausse de 1,7%. Le résultat net a augmenté de 12,6% à 580,2 MDH.
En cela, le Conseil proposera à l'AGO la distribution d'un dividende de 86 DH/action.
En 2011, le groupe devrait enregistrer les effets positifs des importants investissements industriels réalisés au cours des deux dernières années, et des campagnes agricoles qui s'annoncent favorables dans tous les périmètres. Cosumar projette aussi de poursuivre la mécanisation du pain et engage un schéma directeur des systèmes d'informations du Groupe. n

mercredi 30 mars 2011

Cosumar, un modèle industriel performant

Le groupe affiche de bons résultats malgré l'effet des inondations du Gharb sur ses deux filiales Sunabel et Surac.

À quelques semaines de la mise en cession d'une partie de son capital (détenue par la SNI), Cosumar affiche une santé robuste sur les plans commercial et financier. Aussi bien dans la raffinerie de Casablanca que sur l'ensemble des autres filiales privatisées, le groupe sucrier renvoie à un modèle industriel dont la vocation est d'assurer la sécurité alimentaire du pays en sucre. Cette denrée qui, faut-il le rappeler, se trouve depuis quelques mois au cœur d'une bulle spéculative sur les marchés internationaux, depuis que le Brésil a décidé de réduire sa production nationale.


De 2009 à 2010, le prix moyen d'une tonne de sucre brut est passé de 474 à 486 dollars et les prix nominaux étaient près d'atteindre le seuil psychologique des 500 dollars. Cette situation devait naturellement avoir un impact significatif sur les performances du groupe. Sauf que Cosumar, de par la nature et la configuration de son process industriel, a fait preuve d'une réactivité exemplaire, chose qui lui a permis de contrebalancer l'ensemble des phénomènes exceptionnels et conjoncturels, y compris dans les circonstances climatiques les plus difficiles. C'était le cas en 2009, sous l'effet des inondations, l'année agricole a été décevante dans les régions du Gharb-Loukkos, là où sont installées deux filiales du groupe, en l'occurrence Sunabel et Surac. Rien que pour ces deux sites, la perte s'est chiffrée à un peu plus de 7.000 hectares programmés et d'ores et déjà plantés. «La baisse des rendements à l'hectare chez Sunabel est estimée à 15% par rapport à 2009 et 33% par rapport à 2008», a souligné Mohamed Fikrate, président-directeur général de Cosumar, lors d'une conférence de presse organisée lundi dernier à Casablanca à l'occasion de la présentation des résultats annuels du groupe. Et d'ajouter, «le modèle de production de Cosumar a permis de parer aux aléas climatiques».

En effet, le manque à gagner en extraction a pu être rattrapé au niveau de la raffinerie de Casablanca, en profitant des investissements mobilisés dans le cadre du plan «Indimage 2012» lancé en 2007. La production de celle-ci a atteint 774 millions de tonnes en 2010, en progression de 6,4%. Notons aussi que le même exercice a été marqué par l'arrêt de l'usine des pains coulés et le démarrage de quatre nouvelles lignes automatiques de pains pack d'une capacité de 400 tonnes/jour. Sans compter les deux nouveaux silos nouvellement implantés à Casablanca, d'une capacité respective de 10.000 et 3.500 tonnes. 
En définitive, la production du raffinage a augmenté de 46.000 tonnes en 2010. Au niveau de l'extraction, malgré l'effet des inondations du Gharb, le rendement à l'hectare s'est amélioré de 1,2 points d'une année à l'autre, tiré surtout par la performance de Suta à Ouled Ayad (+8,2 points), suite à la généralisation de la mono-germe (cette expérience sera étendue aux autres filiales dès 2011).

À un niveau de 5,81 milliards de DH, le chiffre d'affaires réalisé en 2010 par le groupe Cosumar a progressé de 2%, soit le même rythme d'évolution en termes de volumétrie (+2,1%). L'excédent brut d'exploitation s'apprécie de 1,9% pour atteindre 1,16 milliard de DH. In fine, le résultat net part du groupe ressort à 577,5 millions de DH, en progression de 4,2% par rapport à 2009. Un dividende de 86 DH par action sera ainsi distribué aux actionnaires.

Le top management de Cosumar reste fidèle à ses engagements, notamment en matière d'investissement. Au 31 décembre 2010, les investissements physiques du groupe s'élèvent à 387,3 millions de DH, dont 173,6 millions de DH concernent les projets de mise à niveau et de maintenance et 164 millions de DH pour la modernisation et la mise à niveau de la raffinerie de Casablanca. Les projets de développement de Cosumar, pour l'extension et la modernisation de la raffinerie, et ceux de Suta, pour l'extension et la mise à niveau du site de Ouled Ayad, sont arrivés déjà à leur terme en 2010.

Cosumar n'exclut pas la croissance externe

Le marché marocain du sucre étant ce qu'il est, l'évolution des ventes ne dépassant guère les 3%, le groupe explore de nouveaux gisements de productivité et met le cap sur la croissance externe, particulièrement en Afrique. «Nous sommes condamnés à prospecter de nouvelles niches à l'extérieur», affirme M. Fikrate. Maintenant, Cosumar a-t-il suffisamment de moyens pour accueillir dans son giron de nouvelles filiales ? Son niveau d'endettement actuel (1,2 milliard de DH) ne paraît-il pas excessif ? «Ce niveau d'endettement est conjoncturel. Il est dû à la flambée des prix et à l'encours de la Caisse de compensation», précise Naima Benosmane, DGA Chargée de la finance, de la comptabilité et de l'approvisionnement en sucre brut. Et d'ajouter : «Les banques sont friandes du papier Cosumar. Pour mener une opération de croissance externe, nous pourrons mobiliser 500 jusqu'à 600 millions de DH». Le comportement boursier du titre sucrier nous donne la preuve de cet engouement. La valeur Cosumar a clôturé l'année 2010 à 1.950 DH contre 1.335 DH en 2009, surperformant au passage non seulement l'indice Masi, mais en plus, l'ensemble des valeurs du secteur agroalimentaire.

lundi 14 mars 2011

Compensation : 3 milliards de DH vont aux riches et 1.5 milliard aux entreprises

Lancée depuis 2008, la réforme du système bute sur d'innombrables problèmes dont celui, insurmontable, du ciblage. La panoplie des consommateurs qui profitent de la subvention est tellement large que l'application d'un système d'aide directe est compromise.
Où en est le projet de réforme du système de la compensation ? Après les annonces optimistes d’il y a deux ans, c’est la prudence qui est aujourd’hui de mise. Ce dossier est un vrai casse-tête pour les pouvoirs publics qui doivent à la fois veiller aux équilibres budgétaires et préserver le pouvoir d’achat du citoyen, surtout dans une conjoncture caractérisée par la flambée des cours mondiaux des principaux produits subventionnés. En 2008, au moment où la réflexion sur la réforme démarrait, l’une des pistes retenues pour concilier ces deux impératifs résidait dans le ciblage. Ce dernier devait, en théorie, permettre de diriger les dépenses de subventions vers les populations qui en ont réellement besoin au moment où, aujourd’hui, le système des subventions profite à toutes les couches sociales, y compris les plus aisées. Une première action pilote fut lancée, dès 2008 d’ailleurs, pour la farine nationale de blé tendre (FNBT) subventionnée mais qui finalement restait introuvable sur le marché. L’administration décida alors de revoir les quotas des régions de manière à augmenter ceux des communes les plus pauvres et accompagna cette révision par l’obligation désormais pour les producteurs de la FNBT d’utiliser des sacs comportant de manière lisible le prix de vente. Plus tard, en 2009, puis en 2010, deux autres opérations pilotes furent lancées grâce à des fonds de la Caisse de compensation. Tayssir, un dispositif d’aides directes aux familles pauvres conditionnées par la scolarisation des enfants, puis par une campagne nationale de vaccination gratuite. A travers ces deux opérations, il s’agissait pour le gouvernement de démontrer qu’en réalisant des économies sur les subventions faites de manière «aveugle» on pouvait venir en aide directement à ceux qui en ont le plus besoin. Le gouvernement avait pour ambition de généraliser cette démarche à tous les produits subventionnés.

Affichage des prix et interdiction de la consommation industrielle : des mesures difficiles à appliquer

Le principe du ciblage est séduisant, certes, mais, deux ans plus tard, les pouvoirs publics se rendent compte de la difficulté à le mettre en application. «Après avoir établi un diagnostic très pointu, nous avons procédé à la révision du système de subvention dans le secteur de la farine nationale de blé tendre et à la réforme des structures des prix des produits pétroliers», indique-t-on auprès du ministère chargé des affaires économiques et générales (MAEG). Depuis, le projet est au point mort. Les responsables chargés de ce chantier sont pourtant unanimes quant à l’approche de l’octroi de l’aide directe aux couches sociales défavorisées à l’instar des expériences initiées dans certains pays, notamment le Brésil. Reste à savoir comment y parvenir. C’est, semble-t-il, la question à laquelle aucune réponse n’a encore été apportée.
D’autres dispositions prévues dans le cadre de l’accompagnement de l’opération de ciblage n’ont pas été appliquées. Dans le meilleur des cas, un retard est concédé dans leur mise en œuvre. Il en est ainsi de l’obligation d’afficher les prix sur les emballages des produits subventionnés. Jusqu’à présent, seuls les sacs de farine sont marqués. Pour le sucre, les négociations sont toujours en cours entre les pouvoirs publics et la Cosumar qui, visiblement, rencontre des difficultés à imposer cette disposition au niveau de la distribution. En ce qui concerne le gaz butane, les responsables sont aussi confrontés à un autre problème. En réalité, le prix n’est pas fixe puisque les pouvoirs publics accordent une marge pour couvrir le surcoût éventuel de transport en fonction de l’éloignement des points de vente. De ce fait, pour les bouteilles de 12 kg, les prix varient entre 40 et 43 DH l’unité.   Autre chantier à la traîne : la limitation, voire l’interdiction, de l’usage du gaz butane à des fins non domestiques. A ce jour, les bombonnes à gaz subventionnées sont utilisées par des petits agriculteurs (un moindre mal étant donné leurs conditions sociales) mais également par des industriels de céramique, des hôteliers et des restaurateurs, ce qui alourdit la facture de compensation. En 2010, l’Etat a déboursé près de 11 milliards de DH pour couvrir le différentiel entre le prix réel et le prix de vente public.
Aujourd’hui, l’équation à laquelle est confronté le département de Nizar Baraka est la suivante : décompenser les produits subventionnés pour les couches aisées et riches et utiliser les fonds économisés pour aider directement les plus pauvres.
Se posera une multitude de questions. Premier problème : quels sont les ménages qu’on aidera directement et ceux qui devront payer le prix réel ? Pour y répondre, on pourrait s’inspirer, proposent certains, des expériences du Ramed et de Tayssir qui reposaient, elles aussi, sur un ciblage fin des bénéficiaires. Sauf que pour ces deux opérations, le ciblage était facilité par le fait que les bénéficiaires avaient des passages obligés : les hôpitaux, pour le Ramed, et l’école, pour Tayssir.
Comment fera-t-on pour des produits comme les carburants, le sucre, le blé et autres qui sont commercialisés à une grand échelle à travers le territoire national et consommés par une multitude d’acteurs, qu’ils soient consommateurs finaux ou producteurs de biens et services ? Autre question de taille : quand bien même on arriverait à recenser sur un territoire donné les populations bénéficiaires de la subvention et les autres, comment fera-t-on en pratique ? Les produits seront-ils vendus à des prix plus élevés quitte à remettre des chèques aux ménages ciblés ? Si oui, qui remettra ces chèques et sur quelle base sera calculé le montant du chèque pour chaque ménage ?

Un transfert financier à 97,5% de la population ? Comment organiser tout cela ? 

En outre, «si on passait à la décompensation, il faudrait prévoir des mesures en faveur de la classe moyenne qui peut basculer vers la classe pauvre», prévient un cadre du ministère des affaires économiques et générales. Et ce responsable a raison de s’inquiéter pour cette catégorie sociale d’autant que si on se réfère au classement établi par le Haut commissariat au plan (HCP), une grande partie des ménages sera exclue de la liste des bénéficiaires de la subvention : ce sont tous ceux dont les revenus vont de 3 000 DH à 6 000 DH, soit 54% de la population marocaine. Au ministère des affaires économiques et générales, on est conscient de ce dilemme. C’est pour cette raison que la typologie du HCP relative aux «classes sociales» n’est pas prise en considération dans la révision du système de compensation.
Dans le département de Nizar Baraka, on table sur une autre classification pour déterminer les classes sociales qui ne sont pas habilitées à bénéficier de la subvention. Dans une étude réalisée en interne, plusieurs scénarios sont retenus. Par exemple, le ministère a fait des projections sur les consommations de produits subventionnés des ménages dont le revenu mensuel est supérieur ou égal à 20 000 DH. Il en résulte que sur la base d’une consommation moyenne de carburant pour deux voitures (50 000 km par an), de trois bombonnes de butane par mois et des autres produits, le montant estimé de la subvention dont bénéficie cette classe représentant 2,5 % de la population marocaine est de près de 3 milliards de DH. A ce montant, s’ajoute la consommation subventionnée des entreprises en carburants et électricité (le fioul représente 10% dans la production de cette énergie) qui est évaluée à près de 1,5 milliard de DH. L’effort de soutien de l’Etat qui va à ces consommateurs dits aisés est estimé donc à 4,5 milliards de DH, soit 14% de l’enveloppe initialement destinée à la compensation en 2011 (32 milliards de DH). Autrement dit, les 27,5 milliards de DH qui restent vont aux ménages dont les revenus mensuels sont inférieurs à 20 000 DH.
Pragmatique et réaliste, cette classification n’a rien à voir avec celle du HCP. Reste à savoir s’il s’agit là de la catégorie sociale qui sera concernée par le transfert monétaire direct ? Du côté du MAEG, rien n’est encore décidé. Mais il semble que cette idée a été écartée, étant donné que cette catégorie regroupe l’écrasante majorité des ménages marocains. En effet, il est quasiment impossible d’imaginer un transfert financier à 97,5% de la population. L’étude a aussi démontré que le système de compensation n’est pas totalement injuste puisque seulement 15% des ressources profitent à des consommateurs qui n’y ont pas droit. En principe, le ministère cherchera à sélectionner, au sein de cette catégorie dont le revenu mensuel est inférieur à 20 000 DH, les ménages aux revenus moins élevés et ce en fonction d’une enveloppe budgétaire précise. Cependant, il va falloir déterminer des critères encore plus précis. Un travail qui nécessitera certainement encore de longs mois !



source lavieeco.com

vendredi 11 mars 2011

Lourd impact des inondations du Gharb sur la Cosumar


L'incidence des inondations dans la région du Gharb et du Loukkos a encore une fois fortement impacté les résultats 2010 du groupe Cosumar, spécialisé dans la production du sucre.
Pour le management de Cosumar, c'est la production de sucre blanc qui aurait sauvé la situation: “le raffinage de Casablanca a compensé l'incidence des inondations exceptionnelles dans le Gharb et le Loukkos. Il n'en reste pas moins que le chiffre d'affaires consolidé du groupe dévoile la stagnation de ses activités, à travers une timide amélioration de 2% par rapport à 2009.
Le président du groupe, Mohammed Fikrat, a précisé que 2010 a également été marquée par une phase d'investissements portant sur “le projet d'extension et de modernisation de la raffinerie”. Les investissements du groupe s'élèvent ainsi à 403,4 millions DH en 2010 alors qu'ils avaient atteint 784,1 millions DH en 2009.
Le groupe considère cependant qu'il devra enregistrer cette année les effets positifs des importants investissements industriels réalisés ces deux dernières années, ainsi que des campagnes agricoles qui s'annoncent favorables dans tous les périmètres. Cependant, la hausse des cours du sucre brut sur le marché mondial devrait, reconnaît le conseil de Cosumar, peser sur son endettement.
Par ailleurs, le conseil compte proposer à l'Assemblée Générale une distribution d'un dividende de 86 DH par action.

source aufaitmaroc.com