jeudi 11 août 2011

L'impasse !


C’est l’histoire de la plus vieille société de crédit à la consommation au Maroc qui risque de mal se terminer. En effet, rien ne va plus pour Diac Salaf, créée en 1948 et introduite en Bourse en 1962, et qui n’arrive pas à trouver preneur. Après plusieurs semaines de rumeurs sur le marché, Diac Salaf vient sort enfin de son mutisme pour confirmer l’échec des négociations avec un repreneur potentiel, qui n’est autre que le groupe Crédit Agricole Maroc.
Pour rappel, l’entame de ces négociations a été annoncée fin 2010 et a suscité beaucoup d’espoir quant à la relance de l’activité de la société. Aujourd’hui, il n’en est plus rien et le Crédit Agricole a, semble-t-il, abandonné l’idée de sauver Diac Salaf pour en faire son bras armé dans le secteur du crédit à la consommation. Si le communiqué de Diac ne donne aucune explication sur l’échec des négociations, dans les coulisses du marché on parle d’importantes divergences en termes de valorisation de l’entreprise. Crédit Agricole Maroc aurait en effet proposé un prix de 50 MDH pour reprendre l’enseigne, chose qui n'aurait pas satisfait les cédants.
L’autre raison avancée par le marché est liée à des garanties du passif. Ces dernières sont dans la pratique des engagements demandés par les acquéreurs de la société permettant de faire supporter au cédant le passif supplémentaire ou l'insuffisance d'actif, liés à des événements antérieurs à l'opération et qui pourraient apparaître après la cession. Les deux parties ne se seraient donc pas mises d’accord sur les termes de ces garanties. De quoi pousser le Crédit Agricole à renoncer à la reprise de l’enseigne de crédit, comme cela a été le cas pour le groupe koweïtien CMKD début 2010. Pour rappel, à l’époque, le groupe cherchait avant tout à se positionner sur le marché de la finance islamique. Cette ambition de CMKD a été confrontée à la nécessité de joindre un troisième partenaire à l’affaire et s’assurer de la pertinence du contexte pour le lancement des produits islamiques. Aucune de ces deux conditions n’a été remplie et les négociations avec les koweïtiens ont été avortées au bout de quelques mois.
Qu’adviendra-t-il aujourd’hui de Diac Salaf ? S’il y a une chose qui trouve consensus auprès des analystes concernant Diac, c’est bien la nécessité pour la société de trouver un partenaire qui, d’une part, lui assurerait les fonds nécessaires pour reconstituer son capital et, d’autre part, lui faciliterait le développement de ses activités afin de pérenniser son existence. Aujourd’hui, selon le management de Diac, des négociations auraient été entamées avec un nouveau prétendant. Cependant, au vu du déroulement des tractations précédentes, difficile aujourd’hui de croire que la société de crédit à la consommation soit au bout de ses peines. Ce qui est sûr cependant, c’est qu’à défaut de solution d’ici la clôture de l’exercice en cours, Diac Salaf sera tenue de mettre la clé sous la porte, vu la vitesse avec laquelle les pertes engloutissent ce qui reste du capital de la société.

source : http://www.lesechosquotidien.ma/finances/13475-limpasse-.html

La Fondation Addoha se lance dans la formation des jeunes.

La Fondation Addoha et le ministère de l’emploi et de la formation professionnelle viennent de signer cinq conventions de partenariat en vue de la mise en œuvre de programmes d’apprentissage aux métiers du bâtiment au profit des jeunes déscolarisés de 16 à 25 ans. Selon les termes de cet accord, la Fondation Addoha réalisera, dans une première étape, trois centres de formation par apprentissage dans les villes Aïn Aouda, Marrakech et Tanger. Pour la période 2012-2016, ces centres doivent former 5000 jeunes aux métiers du bâtiment, tels que la maçonnerie, l’électricité du bâtiment, la plomberie et sanitaire, le carrelage et la mosaïque, le plâtre, la peinture en plus des cours d’alphabétisation et de civisme. Pour sa part, le ministère accompagnera la Fondation Addoha pour la réalisation de ces centres en lui apportant l’assistance technique nécessaire et assurera la coordination et le suivi de l’exécution des programmes de formation. Aussi, le ministère procédera également à la mise en place d’un dispositif de validation des acquis de l’expérience professionnelle au profit des salariés relevant du personnel des entreprises opérant avec le Groupe Addoha.

Mise au point du groupe Addoha dans l'affaire Torreblanca


Le Groupe Addoha annonce que, suite à des articles publiés ces derniers jours par certains organes de presse, et qui mettent en cause le professionnalisme, le sérieux et la qualité des relations qu’entretient le Groupe avec ses différents partenaires, il tient à apporter les correctifs suivants à ces allégations. 
Ainsi, le groupe immobilier précise que, en 2010, il a signé un marché avec la société Torreblanca Construction Maroc SARL pour la réalisation de travaux de construction de 2 groupes d’habitations dans le cadre du programme de logements sociaux dit ‘‘Projet AL IKHLASSE’’ à Tanger. Le contrat conclu entre les 2 parties prévoit expressément un délai ferme d’exécution de 12 mois maximum, courant du 10 mars 2010 au 28 février 2011. Le Groupe Addoha a respecté l’ensemble de ses obligations contractuelles, puisqu’il réglait les sommes dues à la société Torreblanca Construction Maroc SARL au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Le total des sommes perçues par cette société est de l’ordre de 15 millions DH. Par contre, et faute des capacités techniques et financières requises, cette société n’a pas été en mesure de respecter ses engagements contractuels au titre du marché précité et ce, en dépit des rallonges de délais qui lui ont été accordées par le Groupe Addoha. Ce dernier a également mené plusieurs tentatives de résolution à l’amiable de ce conflit, mais en vain. De surcroît, la société Torreblanca Construction Maroc SARL n’a pas respecté ses engagements propres vis à vis de ses propres fournisseurs et sous-traitants qui n’ont pas été payés pour les prestations qu’ils ont réalisées pour le compte de la société de construction. Ces derniers ont, de ce fait, manifesté leur mécontentement en protestant sur le chantier-même. Pour éviter l’arrêt total des travaux, Groupe Addoha a été contraint de prendre d’urgence les mesures appropriées en réglant directement leurs créances aux fournisseurs et sous-traitant, aux lieu et place de la société Torreblanca Construction Maroc SARL. Les sommes payées totalisent un montant de près de 2.500.000,00 DH, payées à ce titre. Les défaillances répétées de la société Torreblanca Construction Maroc SARL et ses violations du marché ont eu pour effet naturel la résiliation de plein droit du contrat conclu entre les parties conformément aux termes de ce dernier, résiliation qui a été dûment notifiée à la dite-société par la voie d’un huissier de justice dûment mandaté à cet effet le 13 mai 2011. A compter de la notification de la résiliation du marché, la société Torreblanca Construction Maroc SARL n’avait plus qualité pour intervenir sur le chantier, puisqu’une autre entreprise a été désignée pour se substituer à elle dans l’exécution du marché passé avec le Groupe Addoha. Soucieux de réaliser son programme conformément, d’une part, aux conditions stipulées par les conventions signées avec l’Etat, et soucieux d’autre part de respecter les délais convenus avec ses nombreux clients, le Groupe Addoha a en effet immédiatement confié à une autre entreprise la mission de poursuivre la réalisation du programme des logements sociaux dans le cadre, comme précisé ci-dessus, du « PROJET AL IKHLASS » à Tanger. Consciente de ses défaillances et de la responsabilité qui en résulte pour elle, la société Torreblanca Construction Maroc SARL a opté pour la fuite en avant en privilégiant l’attaque et ce en saisissant par voie de référé le président du tribunal de commerce de Tanger aux fins de prononcer l’arrêt des travaux confiés à l’entreprise qui s’est substituée à elle. Le président du tribunal de commerce de Tanger, statuant en qualité de juge de référé, s’est déclaré incompétent pour connaitre de la demande de la société Torreblanca Construction Maroc SARL. Pour sa part, le Groupe Addoha, qui a été subrogé dans les droits et actions des fournisseurs et sous-traitants de la société Torreblanca Construction Maroc SARL a introduit une action en justice à l’encontre de cette dernière tendant au paiement de la somme de 2,5 millions DH avancée pour le compte de la société Torreblanca Construction Maroc SARL au profit de ses créanciers (fournisseurs et sous-traitants) qui ont protesté contre la défaillance de la société Torreblanca Construction Maroc SARL en occupant le chantier. Ce dossier est désormais confié aux bons soins de la justice, seule compétente et habilitée pour trancher le litige qui oppose les deux parties.


source http://www.emarrakech.info/forum/Mise-au-point-du-groupe-Addoha-dans-l-affaire-Torreblanca_m39795.html

Addoha renouvelle son programme de rachat


La décision devrait être approuvée lors de l'assemblée générale ordinaire prévue le 29 août 2011. A l'issue de leur réunion en Conseil le 14 juin dernier, les administrateurs du promoteur immobilier avaient décidé de proposer aux actionnaires le renouvellement du programme de rachat des actions d'Addoha en vue de régulariser le cours en Bourse. 
Conformément à la nouvelle réglementation, ce programme consiste à intervenir sur le marché de l'action par l'émission d'ordres d'achat et/ou de vente dans l'objectif de réduire les variations excessives du cours de l'action. En conséquence, le programme intervient principalement lorsque la volatilité du titre s'écarte significativement de sa volatilité historique. Le rachat d'actions propres intervient également en cas de liquidité du titre s'écartant significativement des niveaux habituels, empêchant la formation normale du cours sur le marché.Le programme de rachat, précise une note d'information visée par le gendarme du marché boursier (CDVM), est autorisé dans l'unique objectif de régulariser le marché des actions cotées en bourse de l'émetteur. Il ne peut poursuivre d'autres objectifs notamment la constitution d'un stock d'actions afin de procéder ultérieurement à une opération financière ou à une allocation aux salariés; l'annulation des actions rachetées; la recherche d'un résultat financier ou encore le soutien du cours en s'opposant à une tendance forte du marché. Comme le stipule la loi sur les sociétés anonymes, Addoha ne pourra pas détenir ses actions propres pour une valeur supérieure à ses réserves autres que légales. Sachant qu'au 31 décembre 2010, Addoha dispose de réserves autres que la réserve légale de 3,33 milliards de DH. Eu égard au niveau actuel des réserves autres que la réserve légale, la société pourrait acquérir ses actions sur le marché central, sans pour autant dépasser le niveau maximal à engager de 504 millions de DH. Le troisième programme de rachat de Douja s'étalera sur une période de 18 mois, du 7 septembre 2011 au 6 mars 2013, soit la durée maximale autorisée par la loi. Quant au financement, Douja Promotion compte l'assurer par le recours aux concours bancaires, aux conditions normales du marché, et éventuellement par la mobilisation de la trésorerie qui se monte à – 569 millions de DH à fin décembre 2010.Dans le cadre de l'exécution du programme, un mandat de gestion a été signé entre Douja Promotion et BMCE Capital Bourse en vue de régulariser le cours du titre immobilier en bourse. Le nouveau cadre réglementaire régissant les rachats en bourse est clair et précis : BMCE Capital Bourse devrait agir en toute indépendance quant à l'opportunité d'intervention sur les titres d'Addoha. De plus, Douja Promotion s'engage à ne pas initier d'ordres de bourse en application du programme de rachat ni de donner d'instructions de nature à orienter les interventions de BMCE Capital Bourse. S'agissant de la fourchette de prix du programme de rachat, le niveau bas de 100 DH a été établi en fonction de l'analyse graphique du cours de clôture du titre Addoha. En effet, du 20 mai 2010 au 19 mai 2011, le plus bas des cours de clôture d'Addoha ressort à 94,5 DH.; le plus haut à 160 DH afin de limiter l'amplitude des variations excessives du cours du titre à la Bourse de Casablanca. La nouvelle fourchette proposée pour le programme de rachat de l'action ADDOHA, conclut la note d'information, semble être adéquate pour permettre à Douja Promotion d'intervenir sur le marché pour réguler le cours de son titre. 

Données boursières

Sur la période allant du 20 mai 2010 au 19 mai 2011, les échanges portant sur le titre Addoha se sont montés à 44 451 331 actions pour un volume global de 4,78 millions de DH au cours moyen pondéré de 107,7 DH. Dans ces conditions, le coefficient de liquidité5 d'Addoha sur la période considérée ressort à 40,3%. La moyenne quotidienne des volumes traités s'établit à 19,1 millions de DH, correspondant à 177 805 titres négociés en moyenne par séance. Sur la même période, le titre ADDOHA affiche une contre-performance cumulée de -15,7% à 101,2 DH contre des pertes respectives de -3,7% pour le MASI à 12 008,97 points et de -3,6% pour le MADEX à 9 811,14 points et de -17,8% à 39 430,16 points pour son indice sectoriel.


source http://www.lematin.ma/journal/Bourse-de-casablanca_Addoha-renouvelle-son-programme-de-rachat/154892.html

Attijariwafa Bank assure sa conformité réglementaire dans six pays européens


La banque utilise la plateforme RegPro pour respecter ses obligations réglementaires en Espagne et en Italie, en complément des solutions FRSGlobal déjà utilisées pour la France, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne. Les différentes réglementations bancaires adoptées en Europe (Bale II….), ces dernières années, imposent aux banques d’adopter des outils pour effectuer un calcul plus fin de leur montant de fonds propres et la capacité de générer un reporting complet et normalisé de leur gestion des risques.
« Le succès du projet de mise en œuvre de la plateforme FRSGlobal en France et en Belgique a été un élément décisif pour étendre son déploiement dans les quatre autres pays dans un délai record de 4 mois. FRSGlobal dispose d’une large couverture réglementaire, d’un service de veille et mises à jour réglementaires (RUS) qui permet aux établissements de rester en conformité avec l’ensemble des changements réglementaires à venir », a déclaré Youssef Koun, directeur de projet chez Attijariwafa Bank Europe.
Les principaux modules de la solution RegPro :
- DataFoundation: un référentiel unique de données provenant de systèmes source. Un composant central, capable de collecter les données provenant de plusieurs systèmes en une seule base physique. Ce module permet de garantir : la disponibilité, les contrôles et la qualité pour l’ensemble des données traitées;
- ReportGenerator automatise la génération des reporting risques et réglementaires aussi bien pour répondre à des besoins internes que pour se conformer aux exigences réglementaires ;
- ReportGlobal: bibliothèque qui contient les rapports réglementaires pour plus de 40 pays.
FRSGlobal propose un service de veille et de mises à jour réglementaires qui aide les établissements à rester en conformité avec les exigences des régulateurs.


source : http://www.agenceecofin.com/informatique-bancaire/1008-826-attijariwafa-bank-assure-sa-conformite-reglementaire-dans-six-pays-europeens

CRISE FINANCIERE : QUELLES CONSEQUENCES POUR L'AFRIQUE


Willy Delort Heubo, responsables des marchés financiers à la Banque Marocaine du commerce extérieure (BMCE) apporte un éclairage sur la crise financière qui secoue l'Europe et l'Amérique et évalue ses conséquences pour l'Afrique et le Cameroun.
Membre de l’Association française des analystes techniques (Afate), Willy Delort Heubo, de nationalité camerounaise, est ingénieur financier, titulaire du Master of Business Administration (Mba) en gestion financière de l’Université libre de gestion (Ulg) de Liège en Belgique. Il rejoint les marchés financiers en 2004, à l’ETF, filiale de trading d’une société de bourse en Belgique, puis en 2006 au Maroc au sein de la Banque d’Affaires Finergy. Il suit pendant 3 ans une carrière de trader, puis d’analyste financier pendant 5 ans à la bourse de Casablanca, au Maroc.

Ce compatriote est actuellement le responsable des marchés financiers de Bmce Capital (Banque marocaine pour le commerce extérieur) au Cameroun, la filiale des métiers d’investissement du groupe Bmce Bank. Dans cette entretien qu’il a bien voulu nous accorder, ce spécialiste des marchés financiers explique, en des termes simples, la crise de la dette que vit actuellement le monde, en s’appesantissant notamment sur ses origines, ses manifestations et ses incidences pour l’économie mondiale, en général, et africaines, en particulier.

Après la crise financière qui s’est muée en véritable crise économique mondiale en 2008, les milieux économiques internationaux parlent ces jours-ci d’une crise de la dette. De quoi s’agit-il en langage simple ?
Vous savez, en réalité les Etats fonctionnent un tout petit peu comme des entreprises. Outre les prélèvements de type impôt et taxes, les Etats créent de la valeur, c’est le fameux Produit intérieur brut (Pib), elles commercialisent également des biens et services, c’est l’exportation. Avec l’argent qu’elles en dégagent, elles payent leurs salariés qui sont les fonctionnaires, elles investissent pour le long terme (routes, barrages, énergie etc.…). Voilà, c’est un peu une vie d’entreprise en somme. Et comme toute entreprise, quand elle a des investissements importants à faire, elle doit généralement recourir à un emprunt. Si la stratégie d’endettement a été bien calculée, les investissements effectués permettront généralement de dégager de la valeur et de rembourser la dette contractée.
Si à contrario, la dette n’a pas été contractée dans un plan et une stratégie bien précise, vous pourriez très vite à l’échéance être dans l’incapacité de rembourser. Et souvent, vous êtes poussés à en contracter d’autres pour venir à bout des précédents, et un engrenage d’endettement pourra à un moment donné créer une forme d’implosion, une insolvabilité. C’est la crise de la dette. C’est ce qui est arrivé à de nombreux pays, dont l’illustre cas argentin ou encore plus récent de la Grèce.

Que représente aujourd’hui la dette américaine à l’origine de cette crise, et qu’est-ce qui peut justifier que la dette d’un pays comme les Etats-Unis puisse avoir des répercussions au-delà de son territoire ?
Il faut préciser que même si la dette américaine est certainement très importante, celle de la Grèce a plus enflammé les marchés et est davantage à l’origine de la crise actuelle, en ce sens qu’elle fragilise le bloc de pays le plus fort du monde, ceux notamment de la zone euro qui se doivent de lui apporter de la solidarité. Pour revenir au parallèle avec les entreprises, c’est comme si vous aviez des entreprises d’un même groupe, et qu’il y’a une filiale qui ne fait que des pertes mais qu’on ne puisse ni fermer ni isoler. Et donc, cette filiale aura pour impact de réduire le résultat consolidé de tout le groupe.

Revenons à la question de la dette américaine…
La dette américaine est d’à peu près 10 000 milliards d'euros [environ 6.550.000 milliards de Fcfa]. Evidemment, ce chiffre seul ne traduit rien. Pour l’analyser, il faut le comparer à quelque chose. Généralement, on le rapporte à la richesse créée par le pays, le fameux Pib. Vous savez, une entreprise a le droit de s’endetter tant que la dette ne dépasse pas une certaine proportion de ses fonds propres ou une certaine proportion de ses résultats, c’est dans cet ordre là. Pour une dette souveraine, c'est-à-dire celle d’un Etat, on compare donc le stock de la dette avec le Pib produit par le pays. La norme si vous voulez c’est des niveaux de 30 à 50% de dette par rapport au Pib.
Autrement dit, à un point de vue microéconomique, si vous gagnez 100, vous ne devrez pas emprunter plus de 50. Quand vous empruntez des niveaux de 80 (c'est-à-dire 80% de ce que vous gagnez), vous devez déjà vous inquiéter, parce que visiblement vous vivez au dessus de vos moyens. Et aujourd’hui, la dette américaine représente 100% de son Pib. Je crois que vous comprenez à présent l’inquiétude dans laquelle elle plonge tout le monde.
Les répercussions au-delà de ses frontières c’est parce d’un, cette dette est surtout extérieure, c'est-à-dire que c’est une dette vis-à-vis du reste du monde, même si la chine toute seule en détient plus de la moitié. Elle concerne donc en premier plan l’ensemble des prêteurs dont le remboursement devient aujourd’hui naturellement plus incertain qu’hier.
D’autres parts, il y’a un effet pervers, c’est la dégradation de la note du pays. Plus on vous trouve déjà trop endetté, plus on s’en inquiète, et les taux auxquels on vous prête désormais sont de plus en plus élevés parce qu’on vous juge désormais plus risqué, ce qui veux dire pour vous qui empruntez que ça vous coûte de plus en plus cher.

Comment peut-on justifier cette explosion incontrôlée de l’endettement aux Etats-Unis, alors que d’autres pays ploient généralement sous la surveillance du Fmi pour ne pas atteindre ce niveau d’endettement ?
Les Etats Unis sont loin d’être seuls dans ce cas. Je pense d’ailleurs que si vous observez la courbe d’endettement des pays, vous pourrez être surpris de ne pas trouver d’exceptions. Pour le cas américain, chaque gouvernement, nouveau président, arrive avec son plan. La loi exige du Congrès d’autoriser le gouvernement à s'endetter jusqu'à un certain palier pour financer sa politique en cours. Lorsque le déficit cumulé du pays atteint ce palier, la somme est de nouveau évaluée au Congrès. D’après ce que j’ai pu lire, depuis 1980 ce palier de la dette a été augmenté près de 40 fois.

En Europe, en Asie et partout ailleurs dans le monde, les pays se mettent déjà en ordre de bataille pour contrer les effets de cette crise. En Afrique, ce n’est pas encore la grande mobilisation. Est-ce à dire que l’Afrique en sera épargnée, et pourquoi ?
L’Afrique n’est pas concernée au premier plan, pour la raison très naïve que l’Afrique ne prête pas, et n’a pas prêtée. Ça se joue d’abord entre prêteurs et emprunteurs, et l’Afrique, comme d’habitude, ne prend pas part aux grandes choses, bonnes ou mauvaises (rires).

Quelles peuvent être les incidences de cette crise pour un pays comme le Cameroun ?
Sur le plan direct, aucun. Comme je disais, si nous avions prêté de l’argent à ces pays il y’aurait évidemment sujet à l’inquiétude, mais ce n’est pas le cas comme nous le savons tous. Sur le plan indirect, elle peut comprimer considérablement les aides bilatérales et multilatérales reçues, nos donateurs ayant eux-mêmes désormais besoin d’aide.

Depuis la semaine dernière, une agence de notation a dégradé la note des Etats-Unis. Que signifie cette note (triple A), et quelles sont les premières conséquences de la dégringolade de celle des Etats-Unis sur les marchés financiers ?
Ce sont désormais les trois grandes et principales agences de notation qui se sont accordés à dégrader la note de la dette américaine. Celle-ci était effectivement établie depuis près d’un siècle à triple A (AAA). Il s’agit de la notation maximale. En termes de sécurité, plus vous êtes proche de A, plus vous êtes perçus comme crédible et solvable et offrez aux prêteurs une certaine sécurité. Le Cameroun, par exemple, a une notation de BBB-. La notation américaine est descendue à AA+, elle perd un «A», et cette nouvelle notation traduit une perspective «négative» pour l'avenir.

Pourquoi, selon-vous, malgré un endettement de plus en plus croissant et des signes d’une non soutenabilité de sa dette, la note des Etats-Unis sur le marché financier a continuée d’être très compétitive pendant des années ? Cette crise de la dette ne pose-t-elle pas le problème de l’objectivité des agences de notations ?
Le système de notation des agences internationales est certainement plus complexe que ça, même si ça n’en a pas l’air. Je ne pense pas en outre que nous puissions déjà invoquer pour les Etats Unis une insoutenabilité de la dette. Disons seulement que le niveau est préoccupant. Vous savez, les Etats comme l’Espagne, l’Italie ou le Portugal ont dépassé, eux aussi, le seuil inquiétant des 100% pour le ratio dette –Pib. Et même la France qui nous semble être en meilleure posture a dépassé elle aussi les 80%.Ce n’est pas plus reluisant.
Les agences de notation prennent certainement l’antériorité en compte pour apprécier la solvabilité. Les Etats Unis n’ont jamais été en défaut de paiement. Je suis sûr que vous et moi, nous ne souhaiterions prêter notre argent qu’à celui qui a une réputation de toujours honorer ses remboursements, même s’il est établi que ce dernier a des montagnes de dette.

Les plus gros créanciers des Etats-Unis sont la Chine et le Japon. Quels sont les risques encourus par ces deux pays d’Asie ?
C’est tout simplement un risque d’insolvabilité de la part des Etats Unis. Si dans le scénario apocalyptique, les Etats Unis venaient à être en défaut de paiement, ce serait dramatique pour ces Etats. Imaginer que vous me prêtiez toute votre épargne, et qu’au moment où vous en avez besoin que je ne puisse pas vous rembourser.
Mais surtout, ce serait encore plus grave pour l’Etat américain lui-même. Il perdrait de fait son rang de N°1, entraînant le Dollar avec lui et un déséquilibre dont j’ose à peine imaginer les conséquences. Ce qui est sûr, ça sonnerait le glas d’une nouvelle ère mondiale.

Quelles peuvent être les incidences de la dégradation de la note des Etats-Unis sur le dollar, qui est jusqu’ici la monnaie de référence du commerce international ?
Il s’agit ici d’une problématique qui relève davantage de l’économie monétaire. Ce n’est pas ma spécialité. Mais le bon sens voudrait que l’effet ne soit pas direct. L’offre et la demande du Dollar américain est, avant tout, liée au commerce extérieur comme vous l’avez souligné. La dégradation de la note américaine n’a d’abord d’impact que sur le coût de son endettement qui va s’épaissir, car il faudra désormais rémunérer le nouveau risque additionnel. Il n’est en effet pas exclu que par un mécanisme indirect cela ait des répercussions fâcheuses sur le Dollar. Mais il s’agirait, à priori, d’une conséquence indirecte et d’une ampleur discutable.

Entretien avec Brice R. Mbodiam

source 
http://ecofinance.mutations-multimedia.com/index.php?option=com_content&view=article&id=166:crise-financiere--quelles-consequences-pour-lafrique&catid=1:latest-news

lundi 11 juillet 2011

BNP PARIBAS : BMCI intègre les activités de CETELEM MAROC

(CercleFinance.com) - BNP Paribas annonce que sa filiale BMCI renforce sa participation dans le capital de Cetelem Maroc. 

'L'alliance de l'expertise de Cetelem dans le crédit à la consommation et de la force du réseau d'agences de la BMCI va permettre, à travers la filiale BMCI Crédit Conso, de proposer une offre de crédit à la consommation complète adaptée aux attentes de la clientèle', souligne le groupe bancaire.

Sur le plan juridique, BMCI Crédit Conso est la nouvelle société issue de l'opération de fusion-absorption impliquant Cetelem Maroc, BNP Paribas Personal Finance et la BMCI, qui annonce aujourd'hui détenir 99,87% du capital social de la nouvelle structure.

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